Profils

Par Sema Aksoy

Leiba Aronoff est un des membres-fondateurs du CCPEF. Elle vient de terminer une année extrêmement fructueuse à la présidence de notre organisme. Auparavant, elle était à la direction du Comité de la Banque des ressources.

Leiba participe au mouvement féministe depuis le début des années 1960, époque où, inspirée par le célèbre ouvrage de Betty Friedan "Féminine mystique", elle a décidé de reprendre ses études. Leiba s'est inscrite à mi-temps en programme gradué de sciences humaines, à l'université McGill. Durant ces années d'études, elle est devenue mère de trois enfants et elle est entrée dans le groupe des étudiantes graduées de McGill, pour lequel elle a travaillé à divers projets. Actuellement, elle organise avec d'autres la Conférence commémorative du centennaire de l'admission des femmes à l'université.

Leiba explique que son engagement dans la cause féministe est source d'inspiration pour elle, qu'il l'incite à essayer de nouveaux concepts et de nouveaux modèles dans son travail de coordinatrice au Développement du personnel, aux Services sociaux de Ville Marie. Leiba ajoute qu'elle fait appel au réseau du CCPEF lorsqu'elle a besoin des conseils de spécialistes et qu'elle puise la plus grande partie de ses ressources au sein du mouvement féministe. "Lorsque je pars au travail, j'emmène avec moi tous mes contacts du CCPEF", dit-elle.

Leiba souligne que la plupart des modèles de développement communautaire qu'elle adopte pour la prestation des services sociaux ont déjà été essayés par des groupes ou des programmes féministes, et qu'ils sont mis à l'épreuve dans le cadre de contraintes budgétaires extrêment strictes. Ces modèles constituent donc de bons exemples de leçons.

Leiba Aronoff est entrée dans l'histoire de Ville Marie. Alors qu'elle était coordinatrice des bénévoles au centre des services à l'enfance, elle a fondé son propre poste de coordinatrice du développement du personnel.

Lorsque le gouvernement du Québec a regroupé cet établissement de services sociaux à de plus orands centres, Leiba est devenue coordinatrice du développement du personnel, à la tête d'un centre employant près de 400 personnes.

Leiba administre, négocie, joue le rôle de médiatrice, engage du personnel, conclut des contrats; elle conçoit, adapte et met en oeuvre des programmes; elle évalue les besoins et les priorités. Toutefois, elle n'enseigne aucun des programmes conçus par elle.

Pour son travail de développement du personnel, Leiba adopte le modèle d'éducation des adultes en milieu communautaire. C'cest de ce modèle qu'elle s'inspire dans ses fonctions de coordinatrice. Sa conclusion est que le modèle donne des résultats exceptionnels, surtout quand les contraintes budgétaires sont strictes et qu'il faut poursuivre des programmes créatifs, dynamiques, efficaces et rentables.

Sachant que le développement du personnel a pour but un changement organisationnel et qu'il influe sur les employés aussi bien que sur l'organisation, Leiba donne deux exemples de projets menés par elle au cours des dernières années pour illustrer sa philosophie: effectuer un changement positif en éduguant une communauté organisationnelle.

Le premier exemple montre comment le centre de Ville Marie a adopté le Programme de formation pour les intervenants des services de protection de la jeunesse, conçu par le ministère des Services sociaux de l'Ontario. Parce qu'elle disposait d'un budget très réduit, Leiba a décidé d'envoyer quelques employés de son service en Ontario, pour qu'ils apprennent comment fonctionne le programme et qu'ils reviennent ensuite enseigner cela à leurs collègues, grâce à des modèles d'apprentissage personnel ou paritaire. Ce projet a été une réussite, nous dit Leiba: 165 employés ont ainsi été formés sur une période de deux années. Et la formation continue pour les nouvelles recrues.

Le deuxième exemple de projet, inspiré du Programme torontois de formation pour le personnel ayant à traiter des cas de sévices sexuels, a vu le jour de façon similaire. Le centre de Ville Marie a invité un groupe de travail de l'Ontario; les employés qui ont été formés par ce groupe ont formé à leur tour les conseillers et les animateurs responsables des cas difficiles d'inceste.

Les restrictions budgétaires de Leiba étaient dures; elle exigeaient un modèle complet de planification garantissant que le budget serait respecté et que le plus grand nombre possible d'employés bénéficieraient de ce programme. Grâce ce modèle d'apprentissage, où un employé nouvellement formé forme à son tour ses collègues, Leiba est parvenue à ces fins.

Ces deux projets ont eu des répercussions inattendues mais agréables. Les autres organismes de services sociaux de la communauté urbaine de Montréal se sont intéressés au programme de formation et de développement du personnel créé par le centre de Ville Marie, qui s'était soldé par une telle réussite. Ceci à mené à une collaboration avec divers organismes francophones et avec le seul autre organisme anqlophone de la ville. Cette coopération est maintenant renforcée par un échange de conseils et de ressources entre le personnel bilingue de Ville Marie et le personnel des organismes francophones.

Voilà. J'ai fait le tour des réalisations de Leiba. Il me reste une seule chose à ajouter: Leiba se fera un plaisir de partager avec nos lectrices son expérience dans la création des programmes de formation au sein des organismes de services sociaux, et ses autres connaissances et compétences. Pour vous mettre en rapport avec elle, remplissez le formulaire de "Demande à la Banque de Ressources" et renvoyez-le à la Coordinatrice de la Banque de ressources, CCPEF, 692 Coxwell Avenue, Toronto, Ontario.



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