Un rêve
vieux de dix ans; PAR JOAN MCFARLAND ET SUSAN WITTER Le CCPEF a aujourd'hui dix ans. Où en serons-nous d'ici dix ans, c'est-à-dire au seuil du XXIe siècle? Serons-nous prêtes à affronter l'an 2000? Dans ce numéro consacré à notre dixième anniversaire, nous avons laissé la parole aux fondatrices de l'organisme: Lynn Fogwill, Greta Nemiroff, Pierrette Carrière, Mairi Macdonald et Joan Brown Hicks. Toutes ces femmes avaient un rêve, celui de mettre sur pied une organisation se dévouant à la formation des femmes. Ce rêve s'est réalisé au fil des dix dernières années, période pendant laquelle le CCPEF a accompli de grandes choses. L'organisme est fort et impressionnant. Le bureau national marche bien. Le personnel fait preuve de dévouement et travaille dur. Nous avons créé un centre de ressources sur l'éducation et l'apprentissage des femmes tout à fait unique. Notre oeuvre de défense dans ce domaine est à l'heure actuelle reconnu. Des réseaux du CCPEF existent dans chaque province et territoire et nous avons fondé deux revues, Minerva et WEdj, outils essentiels pour atteindre nos adhérentes et dont nous pouvons à juste titre tirer fierté. Nous avons organisé deux colloques nationaux, le premier en 1982 en collaboration avec l'Institut canadien de recherches pour l'avancement de la femme, le Comité national d'action et la Fédération canadienne des femmes diplômées des universités dont le sujet était les femmes et la technologie; le second, en 1984, portait sur l'éducation des femmes au cours de la prochaine décennie. Nous avons lancé des recherches importantes sur l'éducation et la formation des femmes et sur les politiques publiques et avons mené à bien de nombreux projets, le plus remarquable ayant sans doute été le programme de recyclage pour les femmes, le premier du genre au Canada. Récemment, dans notre étude s'intitulant l'éducation et la formation des femmes au Canada, nous avons demandé aux membres du CCPEF de nous faire savoir comment elles voyaient l'avenir. Leurs idées se sont avérées beaucoup plus larges que celles de nos prédécesseurs. Elles ont indiqué qu'elles rêvent d'un monde où les femmes puissent accomplir toutes les activités possibles et où elles soient en mesure en particulier de se cultiver toute leur vie. Le défi est grand si l'on veut y arriver, mais il faut s'y efforcer coûte que coûte dans les dix prochaines années. Pour atteindre notre but, nous avons pris certains engagements et avons dressé la liste de ce que nous aimerions réaliser. Citons dans ce contexte la conférence provinciale et la rencontre générale annuelle qui se dérouleront à Halifax en juin, le renforcement de nos réseaux, la publication de WEdf, l'expansion de nos travaux de défense, l'augmentation de nos activités de souscription, une bourse nationale pour les femmes qui reprennent leurs études et deux vastes projets de recherches sur les femmes et l'alphabétisation et les modes d'apprentissage des femmes. Sur la liste de nos voeux figurent l'élaboration d'un catalogue informatisé pour notre centre de ressources, la création d'un répertoire et d'une base de données sur les prix et les bourses décernées aux femmes, l'organisation d'ateliers sur les politiques publiques, ceux-ci se fondant sur les recherches du CCPEF, et la publication d'un manuel sur les questions sociales, une brochure sur les politiques à suivre et un historique du CCPEF. Malheureusement, le climat a changé depuis dix ans. Le Programme de la femme du Secrétariat d'État nous a informées que nos subventions seraient coupées de 15% par rapport à l'année dernière. Nous allons donc être obligées à court terme de faire des choix douloureux. À long terme, tout dépend de nous. Pouvons-nous, seules et en collaboration avec d'autres groupes féministes, exercer des pressions et réussir à ce que les responsables du Programme de la femme reconsidèrent leurs décisions? Pouvons-nous mener avec succès notre campagne de souscription, laquelle nous permettra d'atteindre nos objectifs? Pouvons-nous rallier nos forces, quels que soient les obstacles à surmonter, pour que les dix prochaines années soient aussi fructueuses et productives que les dix précédentes? Nous sommes sûres que c'est dans le domaine du possible. Alors, soyons d'attaque! À partir de la rencontre générale de juin, Joan McFarland sera la nouvelle présidente du CCPEF et Susan Witter la présidente sortante. |
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