«J’ai oublié mes lunettes,
lis pour moi»

L'analphabétisme chez les francophones

Avoir 20 ans aujourd'hui et être analphabète est une situation impensable pour plusieurs. Le développement d'un système public d'enseignement donnant accès à chacune et chacun à un niveau raisonnable de scolarité rend les analphabètes responsables de leur ignorance. Pourtant, le sont-ils vraiment? Plus d'un facteur entre en ligne de compte et en milieu minoritaire le défi de l'alphabétisation tient non seulement de l'importance de l'autonomie personnelle mais aussi d'une fierté de sa culture.


En novembre 1985, un centre d'alphabétisation populaire La Magie des lettres a vu le jour à Ottawa. Comme bon nombre d'entreprises sociales et communautaires, cet organisme à but non lucratif est l'oeuvre d'un noyau de personnes bénévoles qui y ont travaillé avec énergie. Cette année grâce à une subvention du Ministère des affaires civiques et culturelles, le centre peut à l'instar de dix-neuf autres centres francophones en Ontario offrir aux analphabètes Franco-Ontarien-ne-s l'occasion de remédier à une situation qui limite l'expansion de leur propre potentiel. FEMMES D'ACTION s'est entretenue avec la coordonnatrice de la Magie des lettre, Ginette Laganière.

Pourquoi le problème de l'analphabétisme est-il plus grave chez les francophones en milieu minoritaire que chez les non-francophones?

Il y a deux causes qui expliquent cette situation. D'abord cela relève de l'Histoire même des Canadien-ne-s français-e-s, des effets du Rapport Durham et de la Conquête. En Ontario, il y a eu le Règlement 17 qui a empêché les francophones d'être éduqué-e-s dans leur langue. Ainsi, un bon nombre n'a pu bien maîtriser ni le français, ni l'anglais. C'est sûr que le développement des écoles publiques par la suite a aidé mais le processus d'assimilation était quand même assez avancé.

PAR MICHELINE PICHÉ



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