|
LES FEMMES ECONOMIQUEMENT FAIBLES PRENNENT LA PAROLE
|
Cet atelier a été organisé par un
groupe de femmes économiquement faibles de la région de Halifax,
en collaboration avec Joan Brown- Hicks, de la bibliothèque de Halifax
(et aussi membre du conseil d'administration du CCPEF). Les membres du
comité ont commencé à planifier cet atelier en
décrivant leurs problèmes quotidiens, tels la pauvreté, la
nécessité d'un emploi rémunéré,
l'humiliation engendrée par le système du bien-être social,
le besoin d'une vie sociale, d'une meilleure éducation, etc. Il a
été décidé que la meilleure façon de
sensibiliser les gens à toutes ces difficultés était
encore de présenter, sous forme de petites pièces de
théâtre, des cas-types tirés d'expériences
personnelles. |
Cet atelier a décrit de façon flagrante les
frustrations de femmes aux prises avec le système du bien-être
social, les programmes de création d'emploi, la vie de parent
célibataire, et les Centres de la main-d'oeuvre du Canada. On a aussi
mis l'accent sur le visuel en présentant, en arrière fonds, une
grande toile de l'artiste Bernice Purdy intitulée "At the end of the
Rope" (Au bout du rouleau), illustrant de façon touchante la situation
quelquefois désespérée d'une mère
célibataire vivant du bien-être social.
Voici une liste des cas pressentes dans chaque petite
scène:
Scène I
- On ne consulte jamais les femmes sur le bien-être
social afin d'évaluer combien il leur en coûte
véritablement pour vivre. Elles n'ont aucune influence sur le processus
de prise, de décision visant déterminer quels sont leurs besoins
financiers. Ainsi, il n'y a aucun lien entre les besoins réels et les
sommes allouées. Les assistées sociales sont donc forcées
de loger dans des maisons qui ne répondent pas aux normes minimums car
elles n'ont pas d'argent pour se payer autre chose.
- Les femmes sur le bien-être social qui restent
à la maison pour élever leurs enfants devraient recevoir au moins
le même montant d'argent que celui alloué aux parents adoptifs qui
prennent soin des enfants des autres.
- Une femmes sur le bien-être social qui reste à
la maison pour prendre soin de ses enfants devrait recevoir un salaire
raisonnable pour le travail accompli.
- Une femme qui conteste le système de bien-être
social et qui fait preuve d'un peu trop d'émotivité ne devrait
pas être catalogué comme quelqu'un qui finira bien par accepter ce
qui est proposé, une fois calmée.
Scène II
- Les programmes de création d'emplois ne sont valables
que si les candidates peuvent se trouver du travail permanent par après.
- Lorsqu'une personne sur le bien-être social se trouve
un emploi, on devrait lui permettre de conserver le dernier chèque
versé afin de couvrir les frais additionnels encourus.
- Les personnes en cours de formation devraient recevoir le
même salaire que les employés permanents.
Scène III
- Le personnel des centre de la main-d'oeuvre devrait
être au communication avec leurs clients lorsqu'ils ont connaissance des
cours qui pourraient leur être utiles.
- Le personnel des Centres de la main-d'oeuvre devraient
être au courant des lois régissant les programmes municipaux et
provinciaux d'assistance sociale.
- Lorsqu'une cliente s'inscrit à un cours de formation,
on devrait lui permettre de conserver un chèque de bien-être
social pour lui aider à faire la transition. Ceci aiderait a payer pour
les frais additionnels encourus. (Nombre de femmes ne tentent même pas de
s'inscrire à ces cours car elles n'ont pas d'argent pour acheter des
vêtements adéquats).
Scene IV
- Une femme sur le bien-être a besoin, autant que
d'autres, d'avoir une certaine vie sociale. Le système de
bien-être social devrait encourager ce besoin, et non le contraire. On ne
devrait pas exercer des pressions auprès des femmes en menacent de
retenir leurs chèques.
Les participantes aux ateliers et les quatre femmes jouant dans
les pièces ont amorcé de bonnes discussions après chacune
des scènes présentées. L'auditoire a aussi soulevé
d'autres points: l'attitude des universités qui devraient changer leurs
politiques de prêts et bourses afin d'encourager l'inscription
d'étudiantes à temps partiel et de personnes plus
âgées, ainsi que le cas des femmes de la tribu des MicMac qui ont
grand besoin de services d'orientation et d'un Centre de la main-d'oeuvre.
Certaines participantes ont relaté leurs expériences
personnelles. |