Message de la présidente


Dans le Discours du trône, le principe de l'égalité économique des femmes a été mentionné juste après l'annonce d'une "stratégie novatrice d'emploi caractérisée par son coût-efficacité et son orientation sur le secteur public". Comment arriver à satisfaire au principe de l'égalité économique des femmes? En annonçant des propositions de lois sur l'action positive, le salaire égal pour un travail de valeur égale et la conformité contractuelle, dans son allocution prononcée le Jour de la femme, Flora MacDonald a fait un très grand pas pour donner un cadre formel à l'égalité économique des femmes.

Le fait que les femmes occupent un rôle permanent toujours plus important dans la main-d'oeuvre n'a été reconnu que très lentement. Dans certains milieux, le phénomène a été perçu comme temporaire. Contredisant beaucoup d'études, un article publié par l'American Journal of Economics and Sociology en 1982 et rédigé par des cadres supérieurs du ministère canadien de l'Emploi et de l'Immigration, conclut que le taux de participation des femmes mariées baissera dans les années 1980. Nous ignorons dans quelle mesure de telles recherches influent sur les politiques. Par contre, nous savons que, même si les femmes constituent le groupe qui grandit le plus rapidement au sein de la main-d'oeuvre, le nombre de femmes inscrites dans les programmes de formation diminue. Les fonds maintenant consacrés aux programmes axés sur les besoins des femmes sont très restreints. Ces programmes n'ont qu'une faible priorité en termes des lieux choisis, du nombre de cours offerts, du nombre de participantes, de la qualité et de la quantité des ressources disponibles. Dans beaucoup de collèges, le personnel responsable est engagé à contrats saisonniers car les programmes pour les femmes ne sont offerts qu'une ou deux fois par année. En conséquence, le personnel change constamment.

Les allocations d'études sont peu élevées. En effet, les étudiantes sont censées travailler à mi-temps. Or la principale raison pour laquelle tant de femmes mères de famille monoparentale ne peuvent assister aux programmes de formation professionnelle est qu'elles ne peuvent pas matériellement étudier à temps plein, s'occuper de leur famille et travailler à mi-temps. Pour arriver à l'égalité économique des femmes, il faut la volonté de le faire. Aussi longtemps que certains profitent d'une situation où les femmes continuent de toucher des salaires bas, où les femmes continuent de rester au foyer à faire un travail non rémunéré, tout en étant disponible en tant que main-d'oeuvre temporaire, l'égalité sera difficile à réaliser. Les obstacles dans le domaine de la formation contribuent à ces difficultés.

Le gouvernement fédéral doit reconnaître que, pour arriver à l'égalité économique des femmes, il faut redistribuer les ressources consacrées à la formation, édicter des lois, obtenir la collaboration des secteurs public, privé et bénévole. Pour cela, il faut que la Commission canadienne d'emploi et d'immigration montre la voie. Il faut se souvenir que les secteurs public et bénévole passent une grande partie de leur temps à empêcher ou à éliminer certaines actions du secteur privé qui ont des répercussions négatives sur les gens sans défense. Le CCPEF n'existerait pas si les femmes avaient les mêmes possibilités d'éducation, de formation et d'indépendance économique que les hommes.

La question fondamentale qui se pose de nos jours est la suivante: quelle sorte de société voulons-nous pour le Canada? Une société où les inégalités permettent aux gens au pouvoir de conférer toujours plus de richesse et de puissance à un petit groupe privilégié? Ou bien une société où des possibilités sont offertes à tous ceux qui veulent les saisir? Les membres du CCPEF attendront avec beaucoup d'espoir lesimage effets concrets des stratégies d'emploi et de formation du gouvernement fédéral.

Cordialement,



Back Contents Next