Depuis vingt-cinq ans que la Voix des femmes existe, nous avons lutté contre les dangers de radiation causés par les essais nucléaires, pour l'arrêt des essais, contre la guerre au Viêt Nam et pour diverses questions canadiennes très immédiates. Nous nous sommes occupées de plusieurs problèmes environnementaux - comme l'énergie nucléaire en Ontario. Nous sommes allées dams les écoles durant la semaine d'éducation, pour parler de la guerre aux enfants et pour leur demander ce qu'ils pensaient de la paix. Toutes ces questions ont été prioritaires pour la Voix des femmes, mais pas forcément pour le mouvement de la paix. us nous sommes également occupées de beaucoup de problèmes féminins, par l'intermédiaire du CCA, dont nous faisons partie depuis le tout début.

Susan: Serait-il juste, en fait, de dire que la Voix des femmes n'a jamais appartenu au mouvement de la paix?

Kay: La grande question qui se pose actuellement est de savoir s'il y aura une coalition nationale pour la paix et si la, Voix des femmes y participera activement ou si elle sera une organisation coopérante. Je crois que les femmes ont un rôle bien à elles à jouer en ce qui concerne la paix, et ce n'est pas forcément au sein d'une coalition pour la paix. Par exemple, j'étais récemment à une rencontre d'une organisation pour la paix, qui compte beaucoup de femmes parmi ses membres. Eh bien, sur les vingt conférenciers invités, il y avait une seule femme. C'est le même problème qu'ont les femmes dans toutes les autres organisations, la même exclusion qui se répète sans cesse.

Beaucoup de femmes font partie d'organisations pour la paix, pour lesquelles elles travaillent très fort. Mais il est important que les femmes aient une voix bien à elle en ce qui concerne la paix, pour faire le lien entre l'inégalité, la violence et la militarisation.

Susan: Parlez-moi un peu de la conférence "Les choix des femmes pour négocier la paix" qui se tiendra à Halifax au mois de juin et dites-moi de ce que vous espérez accomplir.

Kay: Nous commençons par des mini conférences dans l'ensemble du pays pour inviter les femmes à penser à différentes choses. Tout d'abord, nous voulons que les femmes définissent ce qu'est la VRAIE SÉCURITÉ. Est-ce que cela veut dire essayer de se cacher à l'abri des armes nucléaires, ou se barricader à la maison avec une grosse carabine, ou est-ce que cela veut dire assurer à la communauté mondiale ce dont elle a fondamentalement besoin comme un environnement sain, une eau saine et une nourriture saine? Nous voulons que les femmes imaginent un monde où elles et leurs enfants se sentiraient en sécurité et nous voulons qu'elles disent comment il faudrait, d'après elles, négocier les problèmes mondiaux dans un climat de paix.

A Halifax, nous allons parler des négociations et des résultats des mini conférences. Le dernier jour, nous allons faire une démonstration des méthodes de négociation, en fonction de ce que nous aurons appris des expériences des femmes durant toute cette semaine. Nous espérons pouvoir formuler des recommandations, qui seront présentées au Forum des femmes à Nairobi en juillet.

Susan: Croyez-vous que la grande diversité des groupes de femmes participant à cette conférence sera problématique?

Kay: Le problème sera d'avoir des femmes qui viennent des Philippines, du Nicaragua, du Chili et d'autres pays où il n'y a actuellement pas d'autres moyens que de recourir à la violence pour résoudre les problèmes. Vous savez, 92% de la population mondiale ne vit ni aux Etats-Unis, ni en URSS. Beaucoup de femmes des pays du Tiers Monde où règnent des conflits nous disent: "Nous appuyons vos efforts de négociation pour la réduction des armements et pour les autres problèmes internationaux, mais la plupart d'entre nous sont tellement préoccupées par les difficultés qu'elles ont à vivre sans le strict nécessaire à la survie humaine, à vivre sous une dictature, que le seul soutien que nous pouvons vous apporter est un soutien moral." Ce sera très intéressant de voir si un groupe composé de femmes si différentes peut arriver à un consensus et unir ses efforts. image

"World Military and Social Expenditures"
1983 - Ruth Ledger Sivard
Éditeur: World Priorities
Box 21546
Washington, D.C.



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