Entrevue: Madeleine Parent

Madeleine Parent est depuis 1940, année qui marque sa sortie du collège, une syndicaliste très active. Elle s'est occupée d'organiser les travailleurs des filatures de coton et de laine, elle est co-fondatrice du Syndicat canadien des textiles et des produits chimiques ainsi que de la Confédération des syndicats canadiens. Elle a été arrêtée à plusieurs reprises en raison de ses activités. À l'heure actuelle, elle s'affaire au sein du Comité canadien d'action sur le statut de la femme, est encore membre de son syndicat et d'autres organismes féministes québécois ainsi que de la Ligue des droits et des libertés. Nous rapportons ses propos:

« Pendant la Deuxième Guerre mondiale, j'ai organisé dans les usines d'armements les travailleurs, dont la plupart étaient des femmes. En 1946, j'ai participé à la mise sur pied de la grève de la filature de coton de Valleyfield qui a mené à la signature d'un contrat. Les femmes en ont retiré des avantages certains: à travail égal, salaire égal et reconnaissance des droits que donnent l'ancienneté.

Aujourd'hui, les congés de maternité, les mises en disponibilité pour les pères, la protection contre le harcèlement, et l'équité en matière d'emploi font partie intégrante de toute négociation de contrat normale, il faut encore toutefois que les femmes fassent attention que ces demandes ne soient pas ignorées pendant le processus de négociation.

«Je suis contre le libre-échange. Aux États-Unis, seuls 17% de la main-d'oeuvre est syndiquée, alors qu'au Canada 38% l'est. Si les entreprises veulent être concurrentielles, il faudra qu'elles se mettent au diapason des critères américains. Des emplois dans le secteur du traitement des données disparaîtront au fur et à mesure que les ressources informatiques passeront aux États-Unis. Les sociétés canadiennes vendues à des corporations américaines seront les premières à fermer leurs portes si la corporation a des difficultés.

« À l'heure actuelle, la majorité des syndicats ont des comités de femmes qui s'occupent des aspects éducatifs de la situation des femmes, leur expliquer la marche à suivre pour porter une plainte et les questions donnant lieu à des griefs, par exemple. Par la suite, lorsque les femmes assistent aux réunions du syndicat, elles sont bien informées, plus confiantes et prêtes à lutter pour œ qu'elles veulent.

Les comités de femmes peuvent aussi travailler de concert avec des organismes féministes pour faire prendre conscience à la population de certains problèmes et pour permettre aux femmes d'avoir accès à des emplois non traditionnels. Un bon équilibre se créé lorsqu'une coalition de groupes communautaires et de syndicats se liguent pour faire agir le gouvernement dans l'intérêt de tous. »



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