Les résultats Notre intervention n'a pu éviter les abandons. Trois étudiantes sur six ont quitté le programme. Ces abandons ont toutefois eu lieu au troisième trimestre, alors que dans les groupes précédents, les étudiantes quittaient au premier trimestre. Il faut ajouter que les activités de la recherche ont permis aux étudiantes de comprendre de façon plus réaliste la profession à laquelle elles se destinaient et, dans certains cas, de confirmer ou d'infirmer leur choix. Enfin, les nombreux contacts établis avec les étudiantes au cours d'entrevues ont permis de déterminer les obstacles les plus flagrants empêchant l'intégration des femmes dans les techniques physiques. En voici quelques-uns: absence ou rareté de modèles féminins (enseignantes, techniciennes, travailleuses); malaise dans la classe (attitudes et comportements des enseignants et des pairs masculins); perception des résultats scolaires (crainte de l'échec, impossibilité d'obtenir la note visée, d'où grande anxiété); désillusion à l'égard de la profession (perspectives d'emploi, salaires); manque de formation préalable (mathématiques, physique, chimie); manque de soutien de l'entourage; surcharge de travail (formation intensive, cumul des études et de la vie familiale). Une oeuvre inachevée De plus, il faudrait mettre en oeuvre des conditions générales minimales pour que tout adulte voulant se former dans ce secteur professionnel y réussisse, c'est-à-dire diffuser des renseignements scolaires et professionnels pertinents; sélectionner conjointement (Cégep, Centre d'emploi) les candidates et les candidats aux programmes intensifs de formation; favoriser un choix de carrière solide et motivé chez les adultes désirant reprendre des études; faciliter l'acquisition des préalables scolaires manquants; offrir des activités d'aide à l'apprentissage dans les programmes de formation; assurer une animation pédagogique qui soutient quotidiennement le personnel enseignant; recruter des enseignantes et enseignants disponibles, mais aussi attentifs aux besoins des élèves et soucieux de leur réussite; affecter des ressources financières et humaines appropriées pour mener à bien les mesures proposées. Dans le contexte économique et social actuel, qui se caractérise par un manque de main-d'oeuvre spécialisée, un retour massif des adultes aux études (plus 70 % de femmes) et un taux de chômage élevé, le milieu scolaire fait face à un défi de taille qu'il se doit de relever. Quant aux femmes, si elles veulent accéder à l'autonomie financière, elles auront tout avantage à envisager ces carrières comme des avenues professionnelles intéressantes. Il leur faudra aussi se convaincre qu'elles peuvent réussir et jouer un rôle clé dans notre société. Dolorès Gagné travaille actuellement au Service de l'éducation des adultes du Cégep de Rimouski. Elle est aussi formatrice depuis une douzaine d'années dans des programmes d'intégration des femmes sur le marché du travail.
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