Le second [Omenetto et Favaro, 1986] a été produit à Milan par un groupe d'Érythréennes qui désiraient faire connaître autour d'elles leur réalité tant dans leur pays d'origine qu'à Milan même. Par le biais de textes et de photos, le livre présente les raisons de l'immigration de ces femmes, leurs formes d'insertion, leurs traditions; trois chapitres montrent leurs lieux de rencontres à Milan (la fête, l'école, la réunion) et des moments et des gestes du quotidien (la cuisine, le repas, le rite du café, la couture, la coiffure).

Les classes de français peuvent avoir comme projet de consigner les aspects de leur culture qu'ils jugent importants.




1. Nous reprenons ici, pour l'essentiel, une proposition que nous avons faite au nom de l'Institut interculturel de Montréal, dans le cadre du programme Montréal en harmonie, organisé par la Ville de Montréal en 1994.

L'intention de ces deux travaux était d'utiliser des situations de la vie de ces femmes, dans le premier cas, pour faire comprendre leurs difficultés dans le pays d'accueil lorsque vient le temps de chercher du travail et, dans le second cas, pour faire connaître leur communauté à une population majoritaire, généralement insensible et indifférente aux autres cultures. L'aspect pédagogique est évident et les deux livres servent à comprendre les réalités, les valeurs et aussi le courage de ces femmes venues d'ailleurs.

D'autres projets du même ordre sont possibles dans les classes d'adultes. Trois thèmes peuvent en particulier y être; explorés la transmission de leur culture à leurs enfants et à leurs petits-enfants, la connaissance des cultures et le travail.

La transmission de la culture

Si des adultes venus d'ailleurs souhaitent transmettre la richesse de leur culture d'origine à leurs enfants et à leurs petits-enfants, le changement de contexte peut rendre difficile la communication avec des jeunes sollicités par d'autres façons de voir la vie, de faire les choses. Les moyens peuvent manquer pour leur transmettre le sens de ce qui fonde leur identité.

Les classes de français, notamment, peuvent avoir comme projet de consigner les aspects de leur culture qu'ils jugent importants, en expliquant leurs difficultés, leurs malaises, mais aussi la joie qu'ils leur procurent. Des récits pour des jeunes, des livres de contes, des dessins, des «photos-romans», des vidéos, ou encore des saynettes, des pièces de théâtre... différents moyens peuvent être utilisés pour atteindre leur objectif. Différents thèmes, aussi, peuvent être traités, par exemple:

  • la relation parent-enfant dans mon pays d'origine et dans mon pays d'adoption: le rôle des parents et celui des enfants;
  • ma langue maternelle et mes enfants et mes petits-enfants: ce que je ressens devant le fait qu'ils ne la parlent plus, ou ne pourraient plus la parler;
  • le français et mes enfants et mes petits-enfants: j'apprends le français pour pouvoir leur parler;
  • comment nous vivions dans notre pays, et comment nous vivons ici;
  • un conte ou une légende de chaque culture représentée dans la classe;
  • des dictons et des proverbes de plusieurs cultures autour d'un même thème: les valeurs sous-jacentes;
  • l'histoire (la géographie) de mon pays (ma ville, mon village) d'origine.

La connaissance des cultures

Dans le cadre de projets, des adultes peuvent aussi viser à faire connaître leur culture d'origine dans leur milieu, de façon qu'on connaisse mieux les personnes qui en sont issues. Ces projets peuvent être axés sur des aspects qu'ils jugent eux-mêmes importants. Voici des exemples de thèmes:

  • comment on élève les enfants dans mon pays d'origine et dans mon pays d'adoption;
  • la fête du Jour de l'an, les fêtes familiales ou nationales, dans différentes cultures: comment elles sont vécues au pays et comment on les vit ici;
  • la fête religieuse la plus importante dans ma culture: comment je la vivais dans mon pays d'origine et comment je la vis ici;
  • ma religion: comment je la vivais dans mon pays d'origine et comment je la vis ici;


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