• la maison dans différentes cultures: ses divisions, ses usages, ses décorations, ses rites, comment on y vit;
  • la santé et la maladie, dans mon pays d'origine et ici;
  • le symbolisme des bêtes, dans différentes cultures, et les valeurs qui leur sont attribuées;
  • les plus beaux poèmes, dans ma langue d'origine, et ceux d'ici que je connais et que j'aime le plus.

L'éducation des adultes peut contribuer à une meilleure connaissance et un plus grand respect de tous.



Références

Barndt, D., F. Cristal et d. marino. Getting There: Producing Photo stories with Immigrant Women. Toronto: Between the Lines, 1982, 110 p.



Omelette, C. et G. Favaro.Donne migranti Eritree a Milano: una storia per immagini e parole. Milan: Mazzotta, 1986, 82 p.

Le travail

Contrairement à de nombreux préjugés au sujet des immigrantes, des immigrants, ceux-ci ont un très grand désir de travailler; mais ils connaissent souvent bien peu le marché du travail d'ici et beaucoup ignorent comment s'y prendre pour chercher un emploi. De plus, ils peuvent avoir une perception du travail différente de celle de la majorité. Des projets sur le travail et l'emploi peuvent les aider à discuter des situations qu'ils vivent et à faire connaître leurs difficultés:

  • travailler, mon plus ardent désir; trouver un emploi, ma plus grande difficulté! .
  • comment le travail est envisagé dans ma culture d'origine; son importance; son but; comment on s'y prépare;
  • les attentes des employeurs et les nôtres, dans ma culture d'origine, et ici;
  • les démarches pour trouver un emploi dans mon pays d'origine et dans mon pays d'adoption.

D'autres thèmes, comme l'école, peuvent aussi être utilisés: l'école des enfants, là-bas et ici, mais aussi, l'école des adultes ici. Ce thème peut aider les formatrices, les formateurs à comprendre la façon dont les étudiants voient la formation à laquelle ils participent, leurs attentes, leurs difficultés, de même que leur perception du rôle de leur formatrice, leur formateur.

Une place aux «autres» cultures

Les travaux ainsi produits par les étudiantes, les étudiants adultes peuvent faire l'objet de publications ou de présentations publiques et être utilisées pour l'éducation interculturelle des jeunes des minorités ethnoculturelles comme de ceux de la majorité. Une meilleure connaissance des «autres» cultures et, surtout, une connaissance concrète, démystifiée et réaliste entraînera un plus grand respect pour les personnes issues de ces cultures. Celles-ci ne seront plus vues comme «bizarres», ou leurs comportements, comme des curiosités, parce qu'on en comprendra les raisons, on saura les valeurs qui les guident et les font agir.


Banalisation culturelle, que tout cela? Danger de balanisation de la culture «de vieille souche» par le biais d'une forme détournée de multiculturalisme? Pas du tout. Plutôt: une reconnaissance que notre propre culture, si bonne soit-elle, n'est pas parfaite et peut s'améliorer au contact d'autres cultures, d'autres valeurs. Reconnaissance, aussi, de la richesse humaine que nous apportent les personnes venues d'ailleurs et qui, nous l'avons vu, font un effort constant pour connaître notre culture, pour s'adapter à la réalité canadienne.

La culture de "vieille souche" s'est déjà enrichie, au fil des ans, de l'apport de plusieurs autres, elle continue de s'alimenter à des sources nombreuses et diverses. L'éducation des adultes peut favoriser leur expression, contribuant, par là, à une meilleure connaissance et un plus grand respect de tous, et au rapprochement entre des communautés qui ne se perçoivent souvent qu'à travers des stéréotypes et du folklore. Et elle peut aider à jeter des ponts entre les parents immigrants et leurs enfants, que la culture nord-américaine avale rapidement, les éloignant de leurs racines profondes.

L'oubli de sa culture d'origine n'est pas gage d'intégration: on ne s'intègre pas en se reniant soi-même. L'éducation des adultes doit plutôt encourager un examen lucide des cultures en présence, une réflexion en profondeur au sujet de leurs richesses complémentaires, et un effort sincère pour atteindre la synthèse de leurs meilleurs éléments.


Educating towards Integration
by Monique Ouellette

The old adage “When in Rome do as the Romans” governs much public opinion towards immigrants and refugees. Many people believe it is the responsibility of those new to this country to integrate themselves into Canadian society and that, if they continue to “standout” or demand representation of their own cultures, they are making little or no effort to adapt.

Such perspectives completely ignore the daily, even hourly, effort made by those who leave the land of their birth, their family, their language and religion to settle somewhere else, the choice of which is often very limited. Efforts at adapting begin the minute the decision to immigrate is made and continue after arrival through the daily struggle to survive in a foreign culture, language and religious base, with customs, attitudes and social expectations that are completely unfamiliar. To understand a little of what this is like, try for half an hour to talk to people around you without ever looking them in the eye or, in the course of a conversation, never answer “no” to a question. You will find you revert to your familiar habits and customs in a second, without thinking about what you are doing, but in another culture you will have made a serious mistake.

Adult education and English/French language training programs are a fertile ground to promote the integration of cultures with each other, rather than the obliteration of one by the other. Projects and exercises that focus on the immigrant's or refugee's experience in Canada, on comparisons between native cultures and that which they find here, could be used to promote the acceptance and respect of other cultures. And Canadian culture could ultimately be improved by the true integration of other cultures our own.

Monique Ouellette est consultante en éducation des adultes et ex-Présidente de l'Institut interculturel de Montréal.


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