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À Vancouver, sur le campus de l'Université de la Colombie-Britannique, les 15, 16 et 17 mai 1992, avait lieu une conférence regroupant quelque 80 femmes venues de tous les coins du Canada et impliquées dans le domaine de l'alphabétisation des adultes pour leur permettre de se parler et de faire entendre leurs voix/voies. Nous souhaitons vous mettre en contact avec les moments-clés de cet événement. La conférence du RETRAFA a pris la forme de petits groupes de discussions. Dans chaque groupuscule, un maximum de 12 participantes étaient assises en cercle, côte à côte. On y abordait les thèmes que les participantes avaient elles-mêmes suggérés aux organisatrices de la conférence. Les sujets de conversation abordés en petits groupes étaient directement liés à la réalité quotidienne des intervenantes en alphabétisation des adultes. On pouvait aussi participer à une espèce de tribune publique où la parole des femmes se faisait entendre en résonance avec une audience de femmes intéressées à accueillir la pensée, la voix, les expériences de vie des autres qui s'offraient à elles en parlant. Ces prises de parole publique "à voix haute" permettaient aux femmes de tenter l'expérience de parler sans être interrompues. Les thèmes qui y ont été traités concernaient, entre autres, les buts de l'action et de la conscientisation féministe, la hiérarchie organisationnelle du milieu de l'alphabétisation (nationale, provinciale, territoriale), l'identité francophone2 au sein du Canada, la diversité culturelle, la violence, l'alphabétisation et le milieu de travail, l'approche holistique de l'alphabétisation, le racisme et l'homophobie. Lors de la dernière demi-journée du colloque, une mise en commun des idées, une réunion plénière faisant le point sur la conférence et ses suites possibles a donné lieu à un ouragan d'idées et une mise en commun d'énergie. Ce qu'il nous en reste laisse entrevoir que cette conférence doit porter fruit, c'est-à-dire nous amener à réinvestir par des actions concrètes toute l'énergie positive déployée lors des trois jours de la rencontre. C'est une question de temps, de canalisation de nos forces individuelles et collectives, une question d'organisation et de cur.
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