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Voilà la clé qui explique pourquoi les femmes sont si pessimistes au sujet de l'informatisation alors que le travail traditionnel de soutien s'automatise à droite et à gauche. Parce que les femmes sont victimes des modèles de socialisation, du stéréotype des rôles des sexes qui veut que les femmes soient le personnel de soutien tandis que les hommes prennent les décisions, que les femmes aident tandis que les hommes agissent, que les femmes deviennent infirmières tandis que les hommes seront médecins. Ce stéréotype est à la base des ghettos des emplois de soutien où les femmes sont confinées depuis le jour où elles sont entrées dans la main-d'uvre comme domestiques. Les attitudes comme celle de ce patron vont perpétuer le modèle et exclure les femmes d'un rôle significatif dans l'ère informatique, à moins que des programmes d'action positive des programmes obligatoires d'action positive, dans la même veine que les décrets de consentement (Consent Decrees) aux États-Unis, soient mis en place immédiatement. Un autre fait d'égale importance, les femmes ont besoin d'aide pour reconnaître et dépasser le conditionnement qui les oriente tellement vers des rôles de soutien qu'elles éprouvent de l'insécurité ailleurs. L'étendue du problème est bien documentée dans le rapport du Conseil des Sciences sur la femme et l'éducation scientifique intitulé Who Turns the Wheel (Qui fait tourner la roue). Une des études dont il est question s'intéresse aux livres scolaires de lecture au Manitoba qui n'a identifié que trois rôles féminins de direction et de contrôle. Ces trois rôles étaient les reines, les princesses et les sorcières. Quels modèles! Les jeunes filles sont plutôt portées à voir le rôle épouse mère comme leur premier rôle dans la vie. Ceci entraîne deux conséquences. D'abord, quand les femmes considèrent le travail hors du foyer, elles le considèrent comme une activité secondaire et périphérique - une activité "jusqu'à", jusqu'à ce que je me marie, jusqu'à ce que j'aie un enfant, jusqu'à ce que l'hypothèque soit payée. . . Cette notion est répandue même aujourd'hui et malgré le fait que 60 % des femmes travaillent parce qu'ille faut. Ce sont des célibataires, des mères seules ou des femmes mariées là quelqu'un dont le revenu est tel que s'il n'y avait pas deux revenus, le nombre de familles canadiennes vivant dans la pauvreté serait doublé. Puisqu'elles voient le travail comme une activité marginale, elles s'y préparent en conséquence c'est-à-dire de manière inefficace, avec des connaissances floues et des attitudes diffuses. Lorsqu'elles se mettent à chercher du travail, elles cherchent quelque chose qui soit compatible à l'image épouse mère, en d'autres mots comme personnel de soutien - les domestiques des bureaux. Et bien sûr, elles acceptent d'être reléguées aux périphéries de la main-d'uvre, de représenter 75 % des employés à temps partiel. Les femmes font face à un formidable défi durant cette période de transition à l'ère informatique. Étant femmes, étant plus dures, plus fortes et plus capables que nous ne le savons nous-mêmes, nous réussirons cependant. De plus, il le faut. Car, si nous ne participons pas à la mise en place de la technologie informatique et à l'orientation de l'ère informatique, je crains fort que cette ère voie le triomphe de l'éthique du contrôle par la domination qui caractérise notre société et qui a été responsable de la suppression des femmes. |
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