Ces conditions ne sont pas appelées à changer très rapidement à moins que nous n'intervenions au niveau des modèles offerts aux filles en milieu scolaire. À titre d'exemple, une étude menée en Colombie-Britannique en 1978 a montré que les femmes ne représentaient que 12% du personnel enseignant pour les premières années du cours secondaire et seulement 6% dans les classes avancées. Il n'y a aucune raison de croire que des statistiques pour le Manitoba seraient très différentes.

C'est peut-être le docteur Meredith M. Kimball qui a le mieux situé le problème lorsqu'elle s'est adressée à "L'atelier sur l'éducation scientifique des femmes au Canada", commandité par le comité de sciences et d'éducation du Conseil des Sciences du Canada. Elle a conclu: "Il est temps de cesser de débattre la question des proportions des différences sexuelles, si elles existent, ou de leurs origines."

"Nous devons nous arrêter à la question importante: pourquoi la différence de participation des hommes et des femmes dans les domaines scientifiques est-elle si grande alors que les différences des sexes quant aux capacités intellectuelles sont si petites?"

Il y a nettement un besoin d'action positive lorsqu'il s'agit de l'éducation des filles en sciences et surtout en informatique. Dans un document très utile intitulé "Qui fait tourner la roue? débats d'un atelier sur l'éducation scientifique des femmes au Canada", six points sont mis en valeur. Ils résument, en fait, ce que j'ai dit jusqu'à présent. Le rapport souligne les points suivants:

  • "La plupart des parents encouragent les penchants des garçons pour la mécanique et les penchants des filles pour le travail domestique.

  • En milieu scolaire, lorsque les filles ont atteint l'âge de 10 ans et doivent commencer à faire des choix, elles sont moins encouragées que les garçons à suivre des cours de mathématiques et de sciences.

  • Les filles sont rarement orientées vers des programmes d'apprentissage technique.
  • Il est fréquent que les filles ne connaissent pas les débouchés dans les domaines scientifiques et techniques.

  • Les médias font peu pour changer ces modèles."

Malgré tout le débat qui entoure l'informatique, les éducateurs réussissent mal à renseigner le public.

Louis T. Rader, professeur de gestion à l'Université de Virginia, posait trois questions à ceux qui prennent des décisions au niveau des conseils scolaires. "

D'abord, qu'entend-on par "initiation à l'informatique"?, ce qui concrètement pourrait s'exprimer de la façon suivante: Qu'est-ce qu'un finissant du secondaire devrait connaître de l'informatique? ou, mieux encore, qu'est-ce qu'un finissant du secondaire devrait être en mesure de faire avec un ordinateur? Ce ne sont pas une connaissance livres que ou des cours magistraux qui familiariseront nos élèves avec l'informatique, pas plus qu'ils apprendront les mathématiques en lisant des livres sur les nombres."

"Ma seconde question vise à savoir si les administrateurs scolaires considèrent l'informatique aussi importante que la lecture, l'écriture et les mathématiques. Et pourquoi pas? La familiarité avec l'ordinateur est une habileté si fondamentale que tous les diplômés en ont besoin. Le docteur Donald Michael du Centre d'études des institutions démocratiques a écrit, il y a vingt ans, que l'ignorance de l'informatique rendra les gens fonctionnellement aussi illettrés que l'ignorance de la lecture, de l'écriture et de l'arithmétique."



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