La Commission de la condition de la femme se réunit tous les deux ans pour étudier les progrès en cours dans le monde, formuler des recommandations et proposer des conventions. C'est elle qui a recommandé la proclamation de l'Année internationale de la femme. De plus, des comités représentant les grandes régions du monde ont été mis sur pied, dans le but de stimuler l'engagement concret des nations membres, chacune, à l'intérieur de ses frontières. Ces comités se réunissent dans tous les coins du monde. Ainsi, l'on observe que des mécanismes sont en place pour favoriser et soutenir l'action des états-membres de l'ONU en matière de condition féminine.

En 1980, la conférence de la mi-décennie réunit 145 nations à Copenhague. Un sérieux conflit émerge, notamment à cause d'une section de plan d'action proposé, qui encourage l'élimination du sionisme. Pour cette raison, certains états-membres, dont le Canada votent contre le Plan d'action mondial pour la seconde moitié de la décennie. A cette exception près toutefois, le Canada affirme être en accord avec le PAM. Par ailleurs, tout comme ce fut le cas à Mexico, les ONG se regroupent à Copenhague pour le "Forum de la mi-décennie".

Les années 83 et 84 sont consacrées à un effort massif d'évaluation des progrès de la condition féminine à travers le monde, selon les nombreux thèmes et sous thèmes du PAM. Par un système élaboré de questionnaires et de sondages les structures de l'ONU chargées de la condition féminine tentent de dresser un bilan qui deviendra la base des travaux de la troisième conférence mondiale, cédule cette fois pour l'été 85, à Nairobi (Kenya). A cette occasion, l'examen des résultats observés conduira à l'adoption d'un ensemble de stratégies pour les 15 prochaines années. Ainsi, ce qui devait être "l'année" des femmes (1975), fut étendu à une "décennie" (1976/1985) qui sera suivie de stratégies d'avenir (1986/2000). Encore une fois, à Nairobi, les ONG se retrouveront à la même table, au "Forum de la fin de la décennie".

QUE S'EST-IL PASSÉ AU CANADA?

Comment la décennie s'est-elle vécue au Canada? En 1975, le gouvernement fédéral augmente le budget des subventions aux groupes communautaires, crée le Secrétariat de l'année internationale de la femme et lance, par ce biais, une campagne de sensibilisation de la population canadienne. On se souviendra longtemps du "POURQUOI PAS?" de cette campagne! Aucun slogan n'a suscité plus de débats, plus de rage, plus de cynisme, ni avant, ni depuis. Face au branle-bas de cette 'année des femmes', craignant que la flamme ne s'éteigne vite, les critiques ont crié au feu de paille. Cette crainte n'était pas sans fondement. Par contre, l'on peut affirmer avec confiance que la population presque entière a été touchée, de quelque façon, par les activités de promotion de cette année. Les organismes féminins en ont profité pour réclamer des subventions et initier des projets dans tous les secteurs et qu'on le veuille ou non, pour plusieurs d'entre nous,

l'Année internationale de la femme fut le point de départ d'une prise de conscience, d'une analyse, d'un engagement féministe. On ne crache pas là-dessus! Puis en 1980, à la clôture de la conférence de Copenhague, le ministre d'état chargé de la condition féminine, lloyd Axworthy, annonce l'adhésion du Canada au 'coeur' du PAM pour la seconde moitié de la décennie et engage notre pays à oeuvrer à l'amélioration de la santé, de l'éducation et de l'emploi, sous thèmes du nouveau plan. Le Canada appuie un ensemble de mesures visant l'intégration des préoccupations des femmes dans les politiques, les programmes et les pratiques de l'ONU, et s'engage à mettre à jour son propre Plan d'action. Voilà donc de bonnes, de nouvelles munitions, pour les organismes féministes canadiens.

1981. Le Canada ratifie la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. L'année suivante, le Parlement canadien adopte la loi constitutionnelle de 1982 dont la première partie, la Charte des droits et libertés, comprend deux articles d'une importance capitale pour les Canadiennes. D'abord, l'article 15, qui entrera en vigueur dès avril de cette année et qui se lit comme suit:

  1. (1) La loi ne fait acception de personne et s'applique également à tous, et tous ont droit àa même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race, l'origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l'âge ou les déficiences mentales ou physiques.

    (2) Le paragraphe (1) n'a pas pour effet d'interdire les lois, programmes ou activités destinés à améliorer la situation d'individus ou de groupes défavorisés, notamment du fait de leur race, de leur origine nationale ou ethnique, de leur couleur, de leur religion, de leur sexe, de leur âge ou de leurs déficiences mentales ou physiques.

Puis, l'article 28, dont le libellé ne laisse aucun doute sur ses visées:

  1. Indépendamment des autres dispositions de la présente charte,es droits et libertés qui y sont mentionnés sont garantis également aux personnes des deux sexes.


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