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LES FEMMES DANS LE SECTEUR Les commissaires conviennent que la libéralisation des échanges va probablement avoir des effets défavorables pour les femmes compte tenu de la place importante qu'elles occupent dans les industries textiles et manufacturières légères. Cependant, si ce processus s'accompagne d'une aide qui leur permet de s'adapter, les commissaires croient qu'elles pourraient abandonner les secteurs en déclin au profit de ceux qui sont en pleine expansion (II, 694). Cette opinion optimiste à l'effet que les travailleuses dans la fabrication pourraient trouver des emplois à salaires élevés dans les secteurs en expansion n'est fondée sur aucune donnée car la Commission n'a fait aucune recherche en ce domaine. La Commission identifie deux secteurs comme en position de force pour faire face au marché du libre-échange: transport urbain et produits forestiers. Les secteurs faibles sont bien plus nombreux, ils emploient plus de gens et font partie de l'industrie secondaire (1). Les emplois des femmes dans le secteur manufacturier sont très concentrés dans les industries considérées comme les plus faibles et les plus vulnérables au libre-échange. Ces industries sont: textiles, vêtements, petits appareils électriques, articles de sport, jouets, jeux, produits en cuir. Environ les deux tiers des travailleurs dans ces six industries sont des femmes et ces industries emploient 42% de toute la main-d'oeuvre féminine dans la fabrication (2). Les chances sont très min- ces que les travailleuses et travailleurs des industries en déclin puissent être recyclés vers des emplois a salaires élevés dans de nouvelles industries. Des études ont montré que les travailleuses des industries en péril sont en général plus âgées que la moyenne des travailleuses, souvent elles sont immigrantes parlant peu le français et l'anglais. La plupart sont mariées et leur niveau de scolarité est plus bas que celui de la moyenne des travailleuses au Canada. Elles vivent en majorité au Québec. Plus de 65% de toutes les femmes employées dans la fabrication au Québec se trouvent dans les six industries qui seront le plus défavorablement affectées par le libre-échange (3).
Bien que la Commission recommande de substantielles mais temporaires mesures d'ajustement pour le recyclage et la relocalisation de la main-d'oeuvre déplacée la plus adaptable, si le passé est garant de l'avenir, les femmes seront peu aidées par ces programmes. Actuellement les femmes sont sous-représentées dans tous les programmes mais surtout dans ceux qui offrent des formations plus longues et plus avancées spécialement dans ce qu'on nomme les métiers de l'avenir (4). Mais il y a plus grave car l'aide que la Commission proposé comprend l'exigence que les travailleurs démontrent "des aptitudes à s'adapter". En grande partie cela veut dire accepter d'être relocalisés. Pour les femmes mariées cette condition n'est pas facile à remplir puisque la plupart des familles vivent où les hommes peuvent trouver du travail pour la bonne raison que les hommes gagnent de meilleurs salaires. Pour les familles qui ont un besoin crucial de deux revenus, la relocalisation de la femme au travail peut s'avérer une impossibilité. |
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