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LES IMPLICATIONS IMMMÉDIATES Les politiques recommandées par les Commissions royales ne sont jamais mises en application telles que présentées dans leur forme détaillée et complète. En général, si quelques recommandations coïncident avec les intentions gouvernementales, elles sont invoquées pour justifier leur mise en place. Dans le cas présent, la philosophie inspirant la Commission royale sur l'union économique et les perspectives de développement du Canada coïncide avec celle de l'actuel gouvernement, ce qui accroît la probabilité de la mise en vigueur de certaines parties du document. C'est inquiétant pour les femmes car certains éléments des politiques recommandées par la Commission font l'objet de révision actuellement et les propositions du Rapport risquent d'influencer considérablement le travail en cours. Par exemple la législation sur le salaire égal pour un travail d'égale valeur est à l'ordre du jour en Ontario. Bien que cette législation ait bien fonctionné au fédéral depuis plusieurs années, la Commission dit que toute nouvelle législation en ce domaine ne devrait pas être adoptée avant que les principes et les effets n'en soient mieux compris (I I, 710). Les commissaires admettent que cette législation corrigerait quelques-uns des pires effets de la ségrégation professionnelle mais ils sont tellement imbus du principe que les lois du marché constituent le meilleur moyen de déterminer les niveaux de rémunération qu'ils doutent de l'existence d'une vraie discrimination. Ils affirment que le jeu normal de la concurrence devrait corriger la situation. Ce raisonnement pourrait se défendre en économie de plein emploi, mais pas avec des taux de chômage démesurément élevés et des employeurs qui sont en position de payer ce qu'ils veulent aux travailleuses et travailleurs. Cette croyance en un système économique parfaitement concurrentiel est non fondée. Malheureusement la recommandation de la Commission pourrait empêcher le passage de la législation sur le salaire égal pour un travail d'égale valeur et ainsi annuler des années de travail accompli par les femmes pour son adoption.
L'assurance-chômage est aussi en révision. Les recommandations de la Commission seront sans doute bien reçues par le gouvernement car c'est un fait bien connu qu'il est impatient de réduire la couverture de la Loi d'assurance-chômage. Bien que de nombreux groupes témoignant devant le comité de révision insisteront sur le fait que la plus grande désincitation au travail c'est le manque d'emploi, pour tous ceux qui aiment à croire que le chômage pourrait être substantiellement réduit par un habile remaniement du système, les arguments et les recommandations de la Commission royale les conforteront dans leurs prétentions. Le grand mouvement vers le libre-échange et les forces du marché affranchies de toute entrave sera vraisemblablement ralenti par les contraintes du monde réel dans lequel nous vivons. Mais cette orientation dont j'ai contesté les mérites influencera certaines décisions gouvernementales. Dans les domaines du chômage et des programmes sociaux, les femmes seront perdantes quand le gouvernement passera des idées aux réalisations. |
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