Un bilan plutôt attristant

Suite à mes infructueuses recherches, je fais le bilan des choix qui s'ouvrent à moi:

  1. Quitter le Yukon, c'est hors de question puisque mon mari et moi construisons actuellement une maison. Nous avons choisi le Yukon comme terre d'adoption et nous voulons y vivre.

  2. Suivre un cours collégial dans un domaine qui me laisse froide.

  3. Suivre un cours universitaire dans un domaine qui m'intéresse plus ou moins et que je devrai terminer à l'extérieur du territoire.

  4. Accepter un emploi pour lequel je suis surqualifiée et/ou qui ne répond pas du tout à mes aspirations professionnelles.

Dans cette difficile prise de décision, la destinée vient à mon secours. Je peux enfouir mes préoccupations pendant quelque temps car me voici repartie pour une seconde ronde familiale. Je suis enceinte et, tout compte fait, heureuse de l'être. Vu les choix qui s'ouvrent à moi, autant agrandir notre famille... Une certaine théorie veut que la grossesse soit une solution provisoire et artificielle pour la femme qui ne sait plus quelle orientation prendre sur les plans personnel et professionnel. Dans mon cas, rien n'a été prémédité, mais qui sait? Le subconscient a des ressources insoupçonnées...

Dans la cuisine, enceinte et pieds nus...

Par choix, et paradoxalement faute de choix, j'ai décidé de remplir les fonctions multiples et pas toujours valorisantes de femme à la maison. Pour ce qui est du bénévolat, je n'y 1 consacrerai plus autant d'énergie. Bien que mon expérience de mère conjuguée à celle de rédactrice en chef de l'Aurore boréale ait été extrêmement enrichissante, elle n'a pas été de tout repos. En mettant de côté mes aspirations professionnelles, je crains que l'amertume ne s'infiltre dans ma vie. Je tenterai toutefois de tirer satisfaction de la routine et des petits apprentissages quotidiens, et qui sait, peut-être aurai-je enfin l'inspiration sublime qui me permettra de plonger, plume en main, dans mon vieux rêve de toujours, celui d'écrire "pour vrai " .

Originaire d'Abitibi au Québec, Jeanne Beaudoin vit au Yukon depuis cinq ans. Elle y a fondé son foyer et compte y rester pendant encore plusieurs années. Elle s'occupe activement de l'Association francophone du territoire; son mari, qui est anglophone, se laisse docilement "franciser" et leur fils Nicolas, âgé de 20 mois, évolue dans un environnement bilingue. Elle a un baccalauréat en études françaises de l'Université de Sherbrooke au Québec. Ses espoirs d'entreprendre une maîtrise ou de se perfectionner dans un domaine particulier sont, au Yukon, réduits au presque néant. Faute de choix, Jeanne Beaudoin a donc décidé de rester chez elle pendant quelques années, mais elle a la ferme intention de trouver satisfaction et valorisation dans ce rôle traditionnel.

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