ÉDITORIAL

Sciences et technologie: une route parsemée
d'embûches et d' obstacles

PAR JAN CLARKE

En pensant à l'intérêt que je porte à la biologie, je me rends compte que chaque fois que j'essaie de donner un sens au monde naturel mon imagination s'enflamme et mon insatiable curiosité se trouve temporairement apaisée. Mais, si j'approfondis le sujet, me reviennent alors à l'esprit les embûches psychologiques et sociales auxquelles je me heurte trop souvent. J'en franchis certaines sans mal, d'autres, en revanche, me valent des contusions au moment où je trébuche.

Pour les jeunes filles et les femmes, il n'a jamais été aisé de pénétrer dans ce monde «rationnel» et «objectif» des sciences et de la technologie. Trop souvent, notre enthousiasme et nos aspirations s'évaporent face à des mesures sociales rebutantes. Les contradictions que les jeunes filles et les femmes remarquent dans l'enseignement des sciences ne sont pas de toute évidence nouvelles, mais il est grand temps que nous les attaquions de front.

Dans ce numéro, des femmes et des jeunes filles expriment leur frustration devant les obstacles évidents et d'autres plus subtils qu'elles rencontrent dans le domaine de l'enseignement des sciences. L'admission, toutefois, que les maths, les sciences et la technologie font appel à la créativité, sont amusants, voire beaux, change le tableau de façon intéressante. Pour attiser l'intérêt des filles et de leurs enseignant(e)s, les éducateurs et éducatrices appartenant au système scolaire ou se trouvant à la périphérie de celui-ci reconnaissent qu'il est important d'enseigner les sciences comme une matière gaie. Simultanément, si l'on admet que les méthodes sociales atténuent constamment l'enthousiasme, on entraînera peut-être l'élaboration de nouvelles stratégies.

On retrouve le même fil directeur dans nombre d'articles, à savoir qu'il est essentiel de présenter les sciences et les maths aux filles de façon qu'elles soient impliquées, c'est-à-dire en se concentrant sur des projets créatifs axés sur les élèves. Cela est particulièrement évident dans les programmes méticuleusement conçus à l'intention des "filles seulement". Il s'agit de programmes annuels sur les carrières et d'ateliers sur le tas organisés par les universités, les collèges et dans de petites collectivités, qui pour l'instant sont encore en marge du système scolaire C'est dans ces programmes que la pédagogie féministe est en général explicite, que ce soit en mettant l'accent sur l'apprentissage en groupe, en créant un milieu où règne la coopération ou en échangeant des idées avec des modèles féminins à imiter ou des mentors. De toute évidence, ces expériences peuvent changer l'attitude d'une fille à l'égard des sciences, des maths et de la technologie et marquer un tournant dans son éducation et son avenir. Pourtant, les femmes qui élaborent ces programmes se montrent impatientes vis-à-vis d'un système scolaire qui n'est guère empressé de prendre au sérieux la pédagogie féministe et d'incorporer de nouvelles idées dans les programmes d'étude.

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