Les femmes
francophones
sont nettement
défavorisées
sur le plan de
l'éducation et
de la
formation.

Un événement marquant: La Semaine nationale de l'éducation des femmes francophones
Depuis 1991, le Réseau organise une Semaine nationale de l'éducation des femmes francophones qui rallie les femmes d'un océan à l'autre. Il s'agit d'un événement au cours duquel chaque région peut, selon ses intérêts et ses ressources, promouvoir l'éducation en français des femmes. Pendant une semaine, les représentantes du Réseau organisent dans chaque province diverses activités avec les membres, d'autres associations et des institutions scolaires et universitaires. Ces activités publiques concernent l'éducation dans un sens large; il peut s'agir entre autres de conférences, d'expositions et de tables rondes. Le Réseau cherche ainsi à valoriser les femmes francophones et l'éducation en français dans les milieux minoritaires (2).

imagePartout où les femmes francophones sont minoritaires, elles sont nettement défavorisées sur le plan de l'éducation et de la formation. Leur niveau de scolarité est inférieur à celui des femmes non francophones: 24% par rapport à 14% ont un niveau de scolarité inférieur à la 9e année.

Elles choisissent des carrières non traditionnelles dans une plus faible proportion que leurs consoeurs non francophones: 10% par rapport à 14% au premier cycle universitaire.

Les conséquences financières de cette sous scolarisation sont beaucoup plus graves chez les femmes francophones que chez les hommes francophones. En effet, plus de 83% des femmes francophones dont le niveau de scolarité est la 9e année gagnent moins de 10000$ par an, par rapport à 42 % des hommes francophones ayant le même niveau de scolarité. Moins de 1% des femmes francophones gagnent plus de 30 000 $, par rapport à 13% des hommes francophones (3).

Ces quelques chiffres le montrent clairement: la sous-scolarisation constitue un obstacle important à la qualité de la vie. Mais les effets néfastes ne s'arrêtent hélas pas là. Comme les femmes s'occupent encore de l'éducation des enfants, leur sous-scolarisation a un impact sur l'avenir de toute la communauté. Comment aider les enfants à faire leurs devoirs quand on sait à peine lire et écrire soi-même? Comment les encourager aux études quand l'école est souvent synonyme pour soi de frustration et d'échec? Ainsi se perpétue l'écart de sous-scolarisation entre femmes francophones et non francophones (24% par rapport à 11% ont une 8e année) (4).

Les ressources éducatives limitées dont disposent les milieux minoritaires francophones expliquent aussi cette sous-scolarisation. Il suffit pour s'en convaincre d'étudier la situation au niveau postsecondaire: deux universités françaises (l'une à Sudbury et l'autre à Moncton), deux universités anglaises offrant des programmes en français (l'Université de l'Alberta et l'Université d'Ottawa), des collèges français rarissimes (par exemple, le Collège Universitaire de Saint-Boniface). C'est bien peu pour répondre aux besoins d'une population éparpillée sur un territoire plus vaste que toute l'Europe! Pour les francophones, s'instruire dans leur langue maternelle reste difficile. Et faire des études supérieures en français quand on est une femme francophone, cela tient presque du miracle! À l'extérieur du Québec, une femme sur 19 de langue française détient un diplôme de premier cycle et moins d'une femme sur 50, un diplôme universitaire de deuxième ou troisième cycle (5).

Dans le contexte actuel de faible scolarité et de manque de ressources éducatives qui caractérise les milieux minoritaires, la Semaine nationale prend toute son importance. D'abord, elle donne l'occasion de sensibiliser les femmes francophones à l'importance que revêt pour elles le fait d'être éduquées en français. Ensuite, elle permet de valoriser les connaissances qu'elles ont acquises à l'extérieur des institutions formelles. Deux actions essentielles pour favoriser l'accès des femmes à la formation et leur participation à part entière au développement économique, social, éducatif et culturel. Enfin, comme les activités sont publiques, elles contribuent à sensibiliser la communauté à la question de l'éducation des femmes et des filles. Pour un grand nombre de femmes francophones, les activités de la Semaine nationale sont une des rares occasions de sortir de leur isolement. Un des effets tangibles, et non des moindres, est une fierté renouvelée d'appartenir à la communauté francophone.



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