Formation linguistique, reconnaissance des titres de compétence et politique en matière d'immigration

Beaucoup de femmes immigrantes et de réfugiées n'ont pas accès à des programmes de formation en langue en raison des pressions exercées par leur famille, ou parce qu'elles ne peuvent bénéficier de services de garderie ou d'autres services d'appui. Et même lorsque les femmes ont accès à des cours de langue, la qualité et la pertinence de ces derniers sont remises en question.

Il faut tenir
compte des
besoins
spécifiques
des femmes
handicapées,
ainsi que de
ceux des
immigrantes,
des réfugiées
et des femmes
appartenant à
une minorité
visible.

Nous recommandons que soient garantis des services d'appui adéquats, de façon que les femmes puissent participer à des programmes d'alphabétisation et de langues. Il faut entre autres tenir compte des besoins spécifiques des femmes handicapées, ainsi que de ceux des immigrantes, des réfugiées et des femmes appartenant à une minorité visible, indépendamment de leur citoyenneté ou de leur statut de résidente. Il faudrait de plus établir des mesures visant à évaluer l'apprentissage antérieur pour s'assurer de la portabilité et de la transférabilité des compétences, connaissances et diplômes acquis à l'étranger ou dans d'autres provinces.

De surcroît, la nouvelle politique d'immigration doit être étudiée de près pour déterminer les répercussions sur la sécurité sociale et économique des immigrantes et des réfugiées.

Assurance-chômage
À l'heure actuelle, le Canada connaît une période de croissance économique; des richesses sont créées, mais elles ne sont pas canalisées par le biais du marché du travail pour créer des emplois. Nous traversons une période de redressement où le nombre des sans-emploi augmentent, résultat inévitable de la globalisation et des pressions en découlant. Beaucoup de femmes, parmi lesquelles la pauvreté a augmenté de quelque 160 %, se retrouvent prisonnières d'emplois subalternes, mal rémunérés, atypiques, sans pouvoir prétendre aux prestations d'assurance-chômage.

Le système prévu de prestations et de primes à deux niveaux pénaliserait les membres de la main-d'oeuvre les plus vulnérables, les femmes en particulier, et découragerait les employeurs d'embaucher ceux et celles qui ont en fait le plus besoin de travailler. De la même façon, en prolongeant la période prévue pour pouvoir être admissible aux prestations d'assurance- chômage, on ne reconnaît pas le caractère saisonnier de nombre d'emplois. Ainsi, les ouvriers agricoles n'auraient pas droit dans la plupart des cas à l'assurance-chômage si la période d'admissibilité était prolongée. De plus, les agriculteurs, y compris les femmes, n'auraient plus accès à un réservoir d'ouvriers compétents qui se verraient dans l'obligation de chercher un autre emploi couvert par l'assurance-chômage.

Nous recommandons, par conséquent, que le fonds de l'assurance-chômage fasse à nouveau partie, et exclusivement partie, d'un programme d'assurance-chômage et que tous les membres de la main-d'oeuvre rémunérée, y compris les employé( e)s à temps partiel, le personnel temporaire, les travailleurs et travailleuses indépendants, les personnes travaillant à domicile et autres personnes occupant un emploi atypique soient admissibles à l'assurance-chômage.

Garderies
Tous les parents et tous les enfants ont le droit d'avoir accès à des services de garderie de bonne qualité, à but non lucratif et responsables. Le Livre vert ne se penche pas de manière adéquate sur la question de la prestation de ce service et semble ne pas tenir compte du fait que la pénurie de bonnes garderies abordables constitue l'un des principaux obstacles des familles à faible revenu et à revenu modéré en matière d'emploi.

Nous recommandons, par conséquent, que le gouvernement fédéral élabore un Plan d'action à propos des garderies qui garantirait au Canada l'accès universel à des services de garderie d'ici à l'an 2005.

Pauvreté
Le livre vert affirme qu'il faut se pencher sur la question de la pauvreté des enfants. Pourtant, il semble oublier que les enfants sont pauvres parce que leur mère le sont. Compte tenu de ce lapsus, nous recommandons que l'aide sociale ne dépende jamais de la participation à des programmes de formation ou d'emploi; que tout travail non rémunéré, dont les travaux domestiques et le bénévolat, soit reconnu et rémunéré; que les lois sur l'équité en matière d'emploi et l'équité salariale soient appliquées; et que le gouvernement fédéral joue un plus grand rôle dans la promotion du développement économique aux niveaux communautaire, provincial et national.



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