La moitié des femmes, surtout les prestataires de la sécurité du revenu, comptent moins de 12 ans de scolarité. L'autre moitié, surtout des prestataires de l'assurance- chômage, en compte 12 ou plus; il n'est donc pas surprenant de constater que 27% de toutes les femmes ont d'abord entrepris un rattrapage scolaire, en complétant une formation générale au secondaire. Par ailleurs, plus de 60% des femmes de l'échantillon ont entrepris une formation professionnelle (surtout au secondaire), 8% d'entre elles une formation collégiale générale ou universitaire et enfin, 10% plusieurs formations.

Le passage en formation

Beaucoup de femmes expriment plus de deux ans après une grande satisfaction à l'égard de leur expérience en formation.

Deux-tiers des femmes qui ont suivi une formation générale au secondaire sont prestataires de l'aide sociale. La formation secondaire générale a duré 12 mois et moins pour les trois-cinquièmes d'entre elles; en revanche, deux-cinquièmes d'entre elles doivent y consacrer un an, voire plus. Elles étudiaient dans l'ensemble à temps plein dans la joumée, les cours s'accompagnant de devoirs à la maison, soit d'une à 10 heures par semaine. Dans l'ensemble, elles estiment que cette formation est importante pour s'intégrer au marché du travail. Trente-six pour cent des femmes ont éprouvé des difficultés durant leur formation générale au secondaire, celles-ci étant principalement liées à la situation financière (50%) et aux responsabilités familiales (50%). Les femmes qui se sont engagées dans une formation professionnelle- le plus souvent au secondaire-privilégient en majorité des métiers traditionnellement féminins. Environ une femme sur cinq opte pour un métier non traditionnel.

Les femmes qui se sont engagées dans une formation générale ou professionnelle- l'ont fait avec confiance et optimisme. Celles qui effectuaient un rattrapage scolaire souhaitaient poursuivre leurs études après ce rattrapage. Celles qui avaient entrepris une formation professionnelle souhaitaient en majorité obtenir un diplôme d'études professionnelles. En moyenne, la formation professionnelle s'avère plus courte que la formation générale. Prises globalement, les femmes étudient surtout à temps plein dans la journée.

De manière générale, les femmes qui ont entrepris une formation professionnelle sont beaucoup plus nombreuses à l'avoir complétée que les femmes qui ont entrepris une formation générale au secondaire, et ceci s'applique en particulier aux femmes inscrites dans un domaine non traditionnel. Le taux d'abandon chez les femmes en formation professionnelle est deux fois moins élevé que chez les femmes en formation générale au secondaire. Les difficultés d'ordre financier et les responsabilités familiales peuvent expliquer en partie pourquoi 27% des femmes suivant un rattrapage scolaire l'ont abandonné, malgré le soutien dont elles ont globalement bénéficié, notamment de l'organisme communautaire qu'elles fréquentaient (organisme affilié au CIAFT) ou du conjoint, des membres de la famille et des amis, le cas échéant.

En dépit des difficultés encourues et des taux d'abandon en formation générale, beaucoup de femmes expriment, plus de deux ans après, une grande satisfaction à l'égard de leur expérience en formation, tant en ce qui concerne la formation générale au secondaire que la formation professionnelle ou le stage suivi. Ce résultat de recherche apparaît étonnant à première vue. Comment expliquer l'enthousiasme des apprenantes? Nous croyons qu'une partie de cette satisfaction est due à l'organisme qui les a engagées et soutenues dans leur parcours en formation et accompagnées dans la recherche d'un emploi après formation. Ce sont les intervenantes elles-mêmes qui ont demandé à participer à la présente recherche. Ce sont les organismes, par le biais des intervenantes, qui ont choisi et contacté les femmes admissibles à la recherche.

Mais il y a plus. À la suite de leur formation, plus de deux-tiers des femmes ont occupé au moins un emploi, ce qui constitue de toute évidence pour elles une réussite. Dans l'ensemble, toutefois, leur intégration professionnelle n'est que partielle. De même, leurs conditions de vie ne se sont pas significativement améliorées. Nous y reviendrons plus tard. Mais la satisfaction qu'elles ont exprimée ainsi que plusieurs autres données de la recherche indiquent que le parcours des femmes en formation professionnelle a renforcé leur estime de soi et par conséquent, leur image de soi. La formation professionnelle a aussi contribué à diversifier leur image d'elles-mêmes et de la place qu'elles peuvent occuper dans la société.



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