L'obtention d'un emploi (stable)

À la suite de leur formation, quatre femmes sur cinq se sentaient aptes à occuper un emploi, les prestataires de la sécurité du revenu s'en sentant toutefois moins capables que les deux autres groupes. Au total, 74% des femmes ont cherché un emploi après leur formation professionnelle, un peu plus des deux-tiers d'entre elles occupant un emploi depuis 1991-1992. Celles qui n'ont pas trouvé d'emploi-surtout des assistées sociales- citent entre autres comme obstacles les conditions du marché de l'emploi, certains aspects de leur personne, et enfin, des éléments de leurs conditions de vie, telles les responsabilités familiales.

36% des
femmes qui ont trouvé
un emploi l'ont
conservé et l'occupent toujours environ deux ans
plus tard.

Pour un peu plus du quart des femmes le premier emploi qu'elles ont obtenu était un emploi subventionné, mais cette proportion s'élève à plus de 40% dans le cas des assistées sociales. Ce premier emploi était précaire, à temps plein et de salaire variable. Après ce premier emploi, un peu plus de 40% des femmes ont occupé un autre emploi, parfois deux ou même trois et plus. Le dernier emploi occupé est un emploi permanent à temps plein dans 34% des cas. Si on compare le premier emploi au dernier emploi occupé, on constate qu'une proportion plus grande de femmes occupent un emploi à temps partiel. Comme le premier emploi, le dernier emploi est lié dans 63% des cas à la formation. Enfin, 45% des répondantes occupaient un emploi au moment de l'enquête. Les ex-prestataires de la sécurité du revenu, par contre, ne sont que 27% à occuper un emploi. Quelque 29% des femmes sont à la recherche d'un emploi.

Les femmes qui déclarent des prestations de l'État comme principale source de revenu sont moins nombreuses qu'au début de la formation, aussi bien parmi celle qui touchent les prestations de chômage que les prestations de la sécurité du revenu. De plus, 27% des femmes identifient l'emploi comme principale source de revenu actuel. La moitié des ex-prestataires de l'assurance-chômage ont des revenus d'emploi. Par contre, les ex-prestataires de la sécurité du revenu le sont toujours pour la majorité. Enfin, si le quart des non prestataires touchent des revenus d'emploi, près de le moitié n'ont pas de revenus autonomes.

En schématisant le parcours des femmes qui ont occupé un emploi depuis leur formation, on peut mettre en lumière les faits suivant: 36% des femmes qui ont trouvé un emploi l'ont conservé et l'occupent toujours environ deux ans plus tard. Pour ces femmes, et seulement pour elles, on peut parler de l'obtention d'un emploi stable. Pour ces dernières, ainsi que pour les 27% de femmes qui ont eu un emploi, en ont eu un ou plusieurs autres et sont toujours employées, on peut parler d'intégration au marché de l'emploi. Au total, il s'agit d'environ 29% de toutes les femmes qui ont participé à la recherche. Treize pour cent des autres femmes qui ont trouvé un emploi, en ont eu un ou plusieurs autres et ne sont pas employées au moment de l'enquête semblent partiellement insérées puisqu'elles ont obtenu plusieurs emplois depuis deux ans, bien qu'elles n'aient pas eu d'emploi au moment de l'enquête. Enfin, pour 24% des autres femmes qui ont trouvé au moins un emploi, on ne peut parler d'insertion, car elles ont perdu ce premier emploi et n'en ont pas eu d'autre(s) pendant environ deux ans. De plus, elles n'étaient pas employées au moment de l'enquête.

La formation est-elle véritablement qualifiante?

La recherche a permis d'alimenter et de nuancer certaines des composantes du concept de formation qualifiante. Les données précédentes mettent d'abord en lumière que l'insertion professionnelle est un processus et que de ce fait, elle prend plusieurs formes; elle se construit dans le temps, et enfin, elle n'est jamais définitive. On voit comment elle reste extrêmement fragile pour toutes les femmes qui n'ont occupé qu'un emploi sur une période approximative de deux ans. Dans le même sens, il faut souligner que les emplois obtenus par les femmes restent précaires dans la plupart des cas.

Si une proportion de 27% de femmes déclarent des revenus personnels autonomes, nous ne pouvons, compte tenu des données actuelles, affirmer que cette insertion a transformé leurs conditions de vie. De manière très paradoxale, nous avons ainsi découvert que le statut de l'emploi occupé depuis la fin de la formation n'est pas associé à un meilleur salaire. Au contraire, si l'on constitue deux groupes de salaire: 8,50 $ et moins d'un côté, et plus de 8,50 $ de l'autre, on note que ce sont dans les emplois non permanents que l'or trouve les salaires les plus élevés. Nous sommes alors amenées à nous interroger: un salaire plus élevé mais à un emploi non permanent constitue-t-il une amélioration des conditions de vie des travailleuses? Cette situation ne représente-t-elle pas, au contraire, une contrainte supplémentaire pour elles, car elles se heurtent maintenant à une nouvelle stratégie de gestion des employeurs et employeuses, en vertu de laquelle ces derniers augmentent leur contrôle sur les coûts de production et sur la main-d'oeuvre?



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