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Tel qu'attendu, le contenu de la formation influe directement sur l'insertion professionnelle. Le programme de formation en tant que tel est, en effet, statistiquement lié au fait d'avoir occupé un emploi depuis la fin de la formation. Nous avons constitué trois groupes selon le programme de formation, à savoir: la formation générale au secondaire, la formation professionnelle, qu'elle soit de niveau secondaire ou collégial, et une double formation générale au secondaire suivie d'une formation professionnelle. Près des trois-quarts des femmes qui ont reçu une formation professionnelle ont occupé un emploi depuis la fin de la formation. Suivent les femmes qui ont opté pour une double formation. Par contre, chez les femmes qui ont suivi une formation générale au secondaire, on observe un phénomène inverse: elles sont plus nombreuses à ne pas avoir occupé d'emploi depuis la fin de la formation. Nous avons associé le type de formation avec le statut de l'emploi obtenu. Parmi les 38% de femmes qui ont trouvé un emploi permanent, trois femmes sur quatre ont suivi une formation professionnelle. Par contre, le croisement du salaire de cet emploi avec le type de formation ne fournit pas de différences significatives. Enfin, on note que les femmes qui ont obtenu un emploi subventionné ont en majorité suivi une formation professionnelle.
Non seulement une formation qualifiante doit-elle se préoccuper du type de programme, mais elle doit aussi tenir compte du domaine de formation choisi. La formation dans un domaine non traditionnel constitue un atout supplémentaire d'insertion professionnelle, et ce, à titre divers. Pourtant, ceci ne constitue pas la panacée, car il s'agit surtout d'une formation de niveau secondaire, qui n'est certes pas aussi qualifiante qu'une formation collégiale. Il importera à l'avenir de comparer attentivement les processus d'insertion professionnelle des femmes qui ont terminé une formation secondaire avec celles qui ont reçu une formation collégiale. Rappelons que le diplôme d'études secondaires constitue aujourd'hui une exigence minimale d'insertion professionnelle. Dans les années à venir, la formation continue s'imposera vraisemblablement de plus en plus comme garantie d'insertion professionnelle stable. Dans un tel contexte, les femmes qui s'en tiendront à un titre d'études secondaires seront de plus en plus perdantes. De plus, les femmes qui ont choisi un domaine non traditionnel vivent aussi de fortes contraintes à l'insertion. Par contre, ces femmes ont bénéficié d'un soutien tout particulier de la part des organismes communautaires voués à l'insertion professionnelle. Les effets de cet encadrement sont multiples. À titre d'exemple, les femmes qui ont choisi un domaine non traditionnel de formation semblent avoir été plus nombreuses à effectuer des démarches actives d'emploi, témoignant par là de l'efficacité de l'encadrement. Nous avons ouvert une piste de réflexion en croisant le devenir de la formation professionnelle selon qu'elle conduisait à des métiers traditionnels pour les femmes ou au contraire à des métiers non traditionnels. Or, il s'avère clairement que les métiers non traditionnels sont investis par les jeunes femmes de deux groupes d'âge: les 15-24 ans et les 25- 34 ans. À partir du groupe d'âge 35-44 ans, les proportions s'inversent et l'on trouve peu de ces femmes plus âgées dans les métiers non traditionnels. Plusieurs questions de recherche se posent à partir de ces résultats. La clientèle des organismes du CIAFT étant constituée de beaucoup de femmes de 40 ans et plus, comment est-il possible d'intéresser ces femmes à des métiers non traditionnels? S'ajoute de plus à ce défi culturel et idéologique celui d'intéresser des femmes absentes du marché du travail depuis plus longtemps que des jeunes femmes. Pour les femmes de 40 ans et plus, le transfert d'expérience, de compétence est certes plus difficile que pour des jeunes femmes. Enfin, il conviendrait dans une recherche ultérieure de différencier les métiers non traditionnels entre eux. Parmi les métiers non traditionnels, n'y a-t-il pas des métiers plus prometteurs que d'autres par rapport à l'insertion professionnelle? N'y a-t-il pas parmi les métiers non traditionnels des métiers plus rémunérateurs que d'autres? Ne faut-il pas de plus tenir compte des intérêts spécifiques des femmes en ce domaine et cibler certains métiers, en encourageant alors les femmes à s'engager dans une formation y conduisant? |
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