En Alberta, par exemple, les garderies sont privées à 85%. Ceci est le résultat d'une législation provinciale qui depuis 1980 offre des subventions aux parents à faible revenu sur une base individuelle plutôt que de subventionner directement les garderies. Ceci ayant pour but de laisser aux parents la liberté dans le choix de leur service de garde et également d'augmenter le nombre de places disponibles. L'effet caché de cette législation, est que l'appât du gain a fait en sorte que les propriétaires de garderie, pour s'assurer une large marge de profit, maintiennent les salaires peu élevés découragent les employés à se perfectionner. Le manque de qualification du personnel ne peut avoir qu'un effet néfaste sur la qualité des soins dispensés aux enfants.

FINANCEMENT

Question de financement

Comme le souligne de façon fort pertinente le "groupe d'étude Cooke sur la garde des enfants", le coût des services de garde devrait être financé intégralement par l'État

Les membres du groupe d'étude estiment qu'en définitive, le système de garde d'enfants devrait viser à rendre les services accessibles à tous les enfants qui en ont besoin, quel que soit le revenu de leurs parents et que ceux-ci travaillent hors du foyer ou non. Contrairement à l'éducation et aux services de santé, la garde d'enfants demeure un service public oublié au Canada; or, tout autant que les deux premiers, il est essentiel au bien-être et à l'épanouissement des futures générations de Canadiens. Le service de garde devrait être aussi accessible que l'assurance-maladie et l'instruction publique.

"Si l'éducation est un souci légitime de l'État, si les normes des soins aux enfants le sont également, l'association entre les parents et l'État doit se manifester dès la naissance de l'enfant et se poursuivre aussi longtemps que l'enfant à charge, en tant que bénéficiaire, en a besoin, quel que soit son âge, qu'il aille ou non à l'école ou qu'un parent se trouve ou non à la maison à temps plein."

Le Gouvernement actuel a l'occasion de marquer de manière indélébile les structures sociales de notre pays en instaurant un système de garde d'enfants qui soit aussi complet et aussi universel d'accès que l'assurance maladie et l'éducation.

SERVICES DANS LA LANGUE
DES MINORITÉS

Question de langue

Etre francophone en milieu minoritaire, cela suppose des choix quant à l'avenir linguistique des enfants. Les parents qui se sont fixé comme objectif que leurs enfants soient des francophones bilingues doivent tout mettre en oeuvre pour que ce bilinguisme soit de type additif. Selon Landry, les situations de bilinguisme peuvent être additives si elles favorisent l'apprentissage d'une langue seconde sans effet néfaste sur l'acquisition et le maintien d'une langue première, et soustractive si l'apprentissage de la langue seconde se fait au détriment du développement de la langue maternelle. Pour que se réalise cet objectif d'avoir des enfants bilingues de type additif, et ce en milieu minoritaire les auteurs s'entendent pour que soient considérés certains facteurs comme le milieu scolaire, le milieu social et le milieu institutionnel.

Il est donc essentiel aux francophones d'avoir accès à des services de garde en français pour leurs enfants, s'ils veulent optimiser les efforts déployés au foyer pour maintenir un bilinguisme de type additif. Il a été démontré qu'un tel type de bilinguisme a des conséquences cognitives positives (Cumins 1979). Quel que soit le nombre d'heures que l'enfant de langue maternelle française passe hors du foyer, l'environnement où il se trouve doit être francophone pour préserver l'acquisition de sa langue maternelle et appuyer son identité culturelle.



Back Contents Next