Building Knowledge


Le travail

Contrairement à de nombreux préjugés au sujet des immigrantes, des immigrants, ceux-ci ont un très grand désir de travailler; mais ils connaissent souvent bien peu le marché du travail d'ici et beaucoup ignorent comment s'y prendre pour chercher un emploi. De plus, ils peuvent avoir une perception du travail différente de celle de la majorité. Des projets sur le travail et l'emploi peuvent les aider à discuter des situations qu'ils vivent et à faire connaître leurs difficultés:

  • travailler, mon plus ardent désir; trouver un emploi, ma plus grande difficulté!
  • comment le travail est envisagé dans ma culture d'origine; son importance; son but; comment on s'y prépare;
  • les attentes des employeurs et les nôtres, dans ma culture d'origine, et ici;
  • les démarches pour trouver un emploi dans mon pays d'origine et dans mon pays d'adoption.

D'autres thèmes, comme l'école, peuvent aussi être utilisés: l'école des enfants, là-bas et ici, mais aussi, l'école des adultes ici. Ce thème peut aider les formatrices, les formateurs à comprendre la façon dont les étudiants voient la formation à laquelle ils participent, leurs attentes, leurs difficultés, de même que leur perception du rôle de leur formatrice, leur formateur.

Une place aux "autres" cultures

Les travaux ainsi produits par les étudiantes, les étudiants adultes peuvent faire l'objet de publications ou de présentations publiques et être utilisées pour l'éducation interculturelle des une connaissance conrete, demystance et réaliste entraînera un plus grand respect pour les personnes issues de ces cultures. Celles-ci ne seront plus vues comme "bizarres", ou leurs comportements, comme des curiosités, parce qu'on en comprendra les raisons, on saura les valeurs qui les guident et les font agir.

Banalisation culturelle, que tout cela? Danger de balkanisation de la culture "de vieille souche" par le biais d'une forme détournée de multiculturalisme? Pas de tout. Plutôt: une reconnaissance que notre propre culture, si bonne soit-elle, n'est pas parfaite et peut s'améliorer au contact d'uatres cultures, d'autres valeurs. Reconnaissance, aussi, de la richesse humaine que nous apportent les personnes venues d'ailleurs et qui, nous l'avons vu, font un effort constant pour connaître notre culture, pour s'adapter à la réalité canadienne.

La culture de "vieille souche" s'est déjà enrichie, au fil des ans, de l'apport de plusieurs autres, elle continue de s'alimenter à des sources nombreuses et diverses. l'éducation des adultes peut favoriser leur expression, contribuant, par là, à une meilleure connaissance et un plus grand respect de tous, et au rapprochement entre des communautés qui ne se perçoivent souvent qu'à travers des stéréotypes et du folklore. Et elle peut aider à jeter des ponts entre les parents immigrants et leurs enfants, que la culture nord-américaine avale rapidement, les éloignant de leurs racines profondes.

L'oubli de sa culture d'origine n'est pas gage d'intégration: on ne s'intègre pas en se reniant soi-même. L'éducation des adultes doit plutôt encourager un examen lucide des cultures en présence, une réflexion en profondeur au sujet de leurs richesses complémentaires, et un effort sincère pour atteindre la synthèse de leurs meilleurs éléments.

Reprinted from WEdf; Fall 1996, Volume 12, Number 3.

Monique Quellette est consultante en éducation des adultes et ex-Présidente de l'Institut interculturel de Montréal.

1Nous reprenons ici, pour l'essentiel, une proposition que nous avons faite au nom de l'Institut interculturel de Montréal, dans le cadre du programme Montréal en harmonie, organisé par la Ville de Montréal en 1994.

Références

Barndt, D., F. Cristall, et D. Marino. Getting There: Producing Photo stories with Immigrant Women. Toronto: Between the Lines, 1982.

Omenette, C., et G. Favaro. Donne migranti Eritree a Milano: une storia per immagini e parole. Milan: Mazzotta, 1986.



Back Contents Next